Le transfert pharmacie constitue une opération à la fois économique, stratégique et hautement réglementée. Contrairement à une idée répandue, un transfert de pharmacie ne relève pas d’un simple choix commercial. En réalité, il s’inscrit dans une logique d’aménagement sanitaire du territoire contrôlée par l’Agence régionale de santé.
Ainsi, tout transfert officine de pharmacie suppose une analyse précise du Code de la santé publique, de la notion de quartier, des critères démographiques et de l’équilibre du maillage officinal.
Dès lors, sécuriser juridiquement un transfert pharmacie ARS devient indispensable pour éviter un refus ou un contentieux.
1. Le cadre légal du transfert pharmacie

Le transfert de pharmacie repose sur l’article L.5125-3 du Code de la santé publique.
Ce texte impose deux conditions cumulatives :
- Garantir une desserte optimale de la population du quartier d’accueil ;
- Ne pas compromettre l’approvisionnement en médicaments de la population du quartier d’origine.
Autrement dit, l’ARS transfert pharmacie vérifie l’équilibre territorial.
Par conséquent, tout dossier transfert pharmacie doit démontrer ces deux exigences de manière objective et documentée.
2. La notion de quartier : le cœur du transfert pharmacie ARS
L’article L.5125-3-1 CSP précise que l’ARS définit le quartier selon une unité géographique cohérente.
Autrement dit, il ne s’agit pas d’un découpage administratif. Au contraire, l’ARS apprécie :
- La densité de population
- La continuité du bâti
- Les axes de circulation
- Les obstacles naturels
Ainsi, la qualification intra ou inter-quartier conditionne l’analyse juridique.
3. Transfert intra-quartier ou inter-quartier : une distinction décisive
A. Le transfert intra-quartier
Le transfert officine de pharmacie intra-quartier bénéficie d’un régime simplifié (article L.5125-3-3 CSP).
Dans ce cas, l’ARS examine uniquement :
- L’accessibilité du local ;
- La conformité technique des locaux.
- Le respect des règles de santé publique
En revanche, elle n’exige pas de justification démographique.
Le Tribunal administratif de Besançon (18 mars 2025, n°2300907) a confirmé qu’un déplacement de 400 mètres sur le même axe commerçant constitue un transfert intra-quartier.
B. Le transfert inter-quartier
En revanche, le transfert inter-quartier impose trois conditions cumulatives :
- Accessibilité
- Conformité
- Desserte démographique optimale
Ainsi, la charge de la preuve devient plus lourde.
Par conséquent, la qualification initiale du projet influence directement le risque de refus transfert pharmacie.
4. La question de la distance minimale transfert pharmacie
La notion de transfert pharmacie distance minimale suscite de nombreuses interrogations.
En réalité, aucun texte ne fixe une distance chiffrée obligatoire.
L’ARS adopte une approche fonctionnelle :
- Une distance de 300 à 500 mètres en continuité urbaine ne suffit pas à caractériser un changement de quartier.
- En revanche, une rupture physique majeure peut entraîner une qualification inter-quartier.
Ainsi, la distance s’analyse au regard du bassin de vie et non d’un critère purement métrique.
5. Le rôle stratégique de l’ARS dans le transfert pharmacie
Le transfert de pharmacie relève d’un pouvoir d’appréciation encadré.
Voilà pourquoi, l’ARS doit motiver sa décision au regard :
- De la configuration géographique
- De la démographie
- Du maillage officinal
- Des missions de santé publique
Toute motivation insuffisante expose la décision à un recours pour excès de pouvoir.
Par conséquent, la préparation du dossier devient stratégique.
6. Les causes fréquentes de refus transfert pharmacie
Un refus de transfert de votre pharmacie intervient généralement lorsque :
- Le quartier d’origine perd toute officine ;
- La zone d’accueil se trouve surdotée ;
- Le dossier manque d’étude démographique ;
- Les locaux ne respectent pas les normes ERP ou les impératifs de santé public (accès pour en cas de pharmacie de garde par exemple)
7. Comment constituer un dossier transfert pharmacie solide ?
Un dossier de transfert de pharmacie complet comprend :
- Analyse urbanistique (PLU)
- Étude cartographique
- Analyse démographique
- Justification de la continuité d’approvisionnement
- Conformité technique des locaux
De plus, il convient d’anticiper un éventuel recours concurrent.
8. Le contentieux du transfert pharmacie : que faire en cas de refus ?

Le transfert de pharmacie peut donner lieu à un contentieux, soit en cas de refus de l’ARS, soit en cas de contestation par une officine concurrente.
A. Le recours gracieux
Le pharmacien peut former un recours gracieux auprès du Directeur de l’ARS dans un délai de deux mois.
Plus précisément, ce recours permet :
- De compléter le dossier transfert pharmacie ;
- De produire des éléments nouveaux ;
- De suspendre le délai contentieux.
Ainsi, un refus initial ne clôt pas nécessairement la procédure.
B. Le recours hiérarchique
Le pharmacien peut également saisir le Ministre de la Santé dans le même délai.
Ce recours hiérarchique reste possible, même s’il aboutit rarement à une annulation.
C. Le recours contentieux devant le Tribunal Administratif
Enfin, le pharmacien peut saisir le Tribunal Administratif territorialement compétent.
Le juge administratif vérifie alors si l’ARS a procédé à une juste appréciation :
- De la notion de quartier ;
- Des besoins réels de la population ;
- De la continuité d’approvisionnement ;
- De l’absence d’erreur manifeste d’appréciation.
Ainsi, le juge contrôle concrètement la décision de transfert pharmacie ARS.
D. Le contentieux initié par un concurrent
Une officine concurrente peut contester une autorisation accordée.
Dans ce cas, le bénéficiaire doit défendre la légalité de son transfert officine de pharmacie.
Par conséquent, sécuriser juridiquement le projet en amont réduit considérablement le risque d’annulation.
Conclusion – Le transfert pharmacie exige une stratégie juridique rigoureuse
Le transfert pharmacie ne relève jamais d’une simple logique commerciale.
Il suppose :
- Une qualification juridique précise ;
- Une analyse territoriale approfondie ;
- Une anticipation du contrôle de l’ARS ;
- Une stratégie contentieuse en cas de difficulté.
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Un transfert pharmacie sécurisé commence toujours par une stratégie juridique solide.
FAQ : Tout savoir sur le transfert d’officine de pharmacie
1. Quelle est la différence entre un transfert intra-quartier et inter-quartier ?
La distinction est fondamentale pour votre dossier transfert pharmacie.
- Le transfert intra-quartier s’effectue au sein d’une même unité géographique. L’ARS vérifie principalement la conformité du local et l’accessibilité.
- Le transfert inter-quartier implique un changement de zone de chalandise. Vous devez alors prouver que la population du nouveau quartier est « optimale » et que le quartier d’origine ne sera pas délaissé.
2. Existe-t-il une distance minimale à respecter entre deux pharmacies ?
Non, la loi ne fixe pas de transfert pharmacie distance minimale en mètres. L’ars transfert pharmacie procède à une analyse au cas par cas. L’important n’est pas la distance brute, mais l’impact sur la desserte : le transfert ne doit pas créer une concentration excessive d’officines au détriment d’une autre zone.
3. Quels sont les critères de l’ARS pour valider une « desserte optimale » ?
L’ARS transfert pharmacie s’appuie sur trois piliers :
- L’accessibilité extérieure : Visibilité du local, présence de places de stationnement et proximité des transports en commun.
- L’accessibilité intérieure : Respect strict des normes PMR (Personnes à Mobilité Réduite).
- La démographie : Capacité de l’officine à répondre aux besoins de la population résidente et de passage.
4. Peut-on transférer une pharmacie dans une autre commune ?
Oui, le transfert est possible vers une commune limitrophe au sein de la même zone de proximité, à condition que les critères de desserte globale soient respectés et que la commune d’origine conserve un accès suffisant aux médicaments.
5. Quel est le rôle du PLU (Plan Local d’Urbanisme) dans mon dossier ?
Le PLU est une pièce maîtresse de votre dossier transfert pharmacie. Il permet de démontrer l’évolution urbaine (nouveaux logements, zones commerciales) et de justifier que le nouveau local se situe dans une zone cohérente avec l’activité de santé.
6. Que faire en cas de refus transfert pharmacie par l’ARS ?
Un refus n’est pas définitif. Vous disposez de deux mois pour exercer :
- Un recours gracieux auprès du Directeur de l’ARS.
- Un recours hiérarchique auprès du Ministre de la Santé.
- Un recours contentieux devant le Tribunal Administratif.
7. Un concurrent peut-il bloquer mon transfert ?
Oui, les titulaires des officines voisines peuvent contester l’arrêté d’autorisation de l’ARS s’ils estiment que le transfert leur cause un préjudice économique ou qu’il ne respecte pas les conditions du Code de la santé publique. C’est pourquoi il est crucial de sécuriser juridiquement son argumentaire dès le départ.
8. Pourquoi faire appel à un avocat pour un transfert de pharmacie ?
Le transfert de pharmacie est un processus à haut risque contentieux. Un avocat spécialisé comme Genius Avocats vous aide à :
- Définir la stratégie (intra ou inter-quartier).
- Rédiger le mémoire justificatif pour l’ARS.
- Anticiper les recours des concurrents.
- Défendre votre licence devant les tribunaux en cas de litige.